Bulletin n°13 Novembre 2021

Bulletin n°13 Novembre 2021

1) Il n’y a que le COVID

L’épidémie de COVID repart brutalement en Europe, soulignant l’importance de la primo-vaccination (les non vaccinés sont encore trop nombreux) et de la 3ème dose ou du rappel pour les sujets vulnérables, notamment les plus de 65 ans. InfoVac préfère le terme anglo-saxon de « booster » (amplificateur) à ceux de :

  • « 3ème dose »:
    • les sujets préalablement infectés n’ont pas forcément besoin d’une 3ème dose
    • le nombre de doses reçues ne préjuge pas du délai entre les doses : le délai optimal pour la réponse immunitaire entre la 2ème et la 3ème est ≥ 5-6 mois.
  • « Rappel », qui n’évoque ni que le taux d’anticorps obtenu est plus élevé qu’après le schéma initial, ni que les anticorps persistent probablement plus longtemps pdf (Lien 1) (218 KB) , ni qu’ils ont une meilleure affinité.

Une étude confirme l’efficacité du booster (hospitalisations et formes graves) comparée à celle du schéma vaccinal initial effectué 5 à 6 mois avant : 93% (IC95% ; 88-97).

L’étude du Comirnaty® chez les enfants de 5 à 11 ans a été publiée : double aveugle (randomisée 2/1 versus placebo) comportant environ 2250 enfants, avec un dosage à 10 microgrammes, 3 fois plus faible que celui utilisé chez l’adulte et l’adolescent. Malgré cette dose réduite, l’immunogénicité, l’efficacité et la tolérance sont comparables à celles observées chez l’adulte. L’immunogénicité chez 264 enfants a été comparée à celle de 253 adultes âgés de 16 à 25 ans. La moyenne géométrique du taux d’anticorps était de 1197 (IC95% 1106-1296) chez les enfants et 1148 (IC95% 1045-1257) chez les adultes : ratio moyen 1,04 (IC95% = 0,93-1,18). L’efficacité sur les formes symptomatiques a été évaluée à 90,7% (IC95%=67,7-98,3%) avec 3 cas dans le groupe vacciné (1305 enfants) et 16 dans le groupe placebo (663 enfants). Les effets indésirables (douleurs au point d’injection, rougeur, fièvre, asthénie…) étaient équivalents entre la 1ère et la 2ème dose et comparable à ce qui était connu chez l’adulte. En France, les sociétés savantes de pédiatrie et la Société de Pathologie Infectieuse de Langue Française ont considéré que la vaccination des 5-11 ans n’apparaissait pas pour l’instant comme une urgence car la situation aux Etats-Unis, où elle vient d’être recommandée, est très différente de celle de la France » pdf (Lien 2) (222 KB) .

Données Américaines et Françaises

France

États-Unis

Facteur de multiplication

 

N de cas

Incidence

N de cas

Incidence

 

Population globale (millions)

67   ≈335    

Population des 5-11 ans (millions)

5

 

28

   

Nombre d’hospitalisations pour les 5-11 ans

1284

1,91

8.300

2,48

1,3

Nombre de PIMS chez les 5-11 ans

351

0,52

3.100

0,93

1,8

Nombre de séjours en réanimation chez les 5-11 ans

226

0,34

2.700

0,81

2,4

Nombre de décès chez les 5-11 ans

3

0,004

94

0,03

7,5

Séroprévalence chez les 5-11 ans

16%

 

40%

16%

2,5

Nombre de semaines de fermeture d’école

10

 

47

 

4,7

Pourcentage d’adultes vaccinés

90%   70%    

Pourcentage d’adolescents vaccinés

80%   50%    

 

Spikevax® ou Comirnaty® : Suite et pas fin… Les différences de dosages entre les vaccins de Moderna (Spikevax®,100 microgrammes d’ARNm) et de Pfizer  (Comirnaty®, 30 microgrammes) peuvent expliquer les différences d’immunogénicité des 2 vaccins, mais aussi d’efficacité (liens 1 et 2) sur le variant ∂ (le Sikevax®étant plus immunogène et potentiellement plus efficace) et également de tolérance. Une étude confirme que le Spikevax® provoquerait plus de myocardites et péricardites chez les sujets jeunes. De ce fait, la HAS recommande que Spikevax® soit réservé aux personnes de > 30 ans. On espère que les futures recommandations privilégieront : le Spikevax® pour les sujets dont l’immunogénicité est plus faible et moins durable, le Comirnaty® pour les autres.

L’avancée des vaccins protéiques se poursuit, ouvrant la voie à des alternatives. Novavax®, dont l’efficacité est proche de celle des vaccins à ARNm, a déjà été enregistré dans différents pays et devrait l’être prochainement en Europe.

2) Il n’y a pas que la COVID

Pour la 2ème fois, une étude d’efficacité en vie réelle confirme l’efficacité des vaccins HPV contre les cancers du col de l’utérus. Comparé aux années précédant la mise en place de la campagne de vaccination, ces cancers ont diminué de façon importante jusqu’à un RR de 87% (IC 95% :72-94%). Cette réduction est d’autant plus marquée que les jeunes filles sont vaccinées tôt.

Les épidémies d’infections saisonnières, bronchiolites mais aussi les autres virus, atteignent des niveaux jamais vus précédemment à cette période de l’année, saturant les soins pédiatriques. Dans ce contexte, la reprise de la recommandation et le remboursement de la vaccination contre les rotavirus est une vraie urgence.

L’Abécédaire des questions-réponses sur la vaccination COVID-19 a été mis à jour !!!

Robert Cohen, Catherine Weil-Olivier, Olivier Romain, Franck Thollot, Véronique Dufour, Pierre Bakhache, Marie-Aliette Dommergues, Joël Gaudelus, Hervé Haas, Isabelle Hau, Pierre Bégué, Odile Launay, Maeva Lefebvre, Didier Pinquier, Georges Thiebault, François Vie le Sage, Claire-Anne Siegrist.

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