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La question du jour : Hexyon, Infanrix, Synflorix, Prevenar

Je reçois une enfant de 12 mois qui vient de Belgique avec un schéma d'hexyon à 3 doses (2 mois, 3 mois et 4 mois) et 2 doses de synflorix (à 2 mois et 4 mois).

Je prévois donc un rappel d'infanrix hexa. Puis-je administrer le prevenar en rappel ? Et peut-il y avoir des incompatibilités entre les vaccins étrangers et français ?

La réponse Infovac : Le Synflorix est un vaccin conjugué anti pneumo comme le Prevenar à la différence près qu’il ne contient que 10 valences et non 13. Dans les 3 valences manquantes figure en particulier le 19A, qui était le principal serotype responsable d’infections invasives sévères et qui a émergé lorsqu’on ne disposait que du Prevenar 7 valences, qui ne le comportait pas non plus. C’est pourquoi il n’a pas été autorisé en France.

Dans votre cas ce n’est pas un problème : il devrait de toute façon avoir un rappel pneumo. Faites le rappel avec un Prevenar. En revanche, pour être bien protégé contre les 3 valences manquantes, il lui faudra une deuxieme dose de Prevenar au moins 8 semaines après.

Pour Hexyon, disponible en France, en principe on continue avec la même marque de vaccin, mais si c’est impossible alors utilisez celui que vous avez, l’important étant qu’il soit vacciné.

Pour les règles général d’intrechangeabilité, voir la fiche Infovac "Interchangeabilité des vaccins" dans la rubrique Fiches Maladies et Vaccins

La question du jour : vaccin ROR périmé

J'ai vacciné hier un garçon de 16 mois pour son ROR de rappel avec un priorix périmé de 7 mois. Il a eu sa première injection il y a 5 mois.

Je souhaitais connaitre la conduite à tenir en terme de risque immédiat et précaution particulières.

La réponse Infovac : Pour cet enfant de 16 mois venant de reçevoir une dose 2 de Priorix périmé depuis aout 2018, le risque est essentiellement une inefficacité de cette dose. Il faut donc la refaire sans tarder, ce d’autant qu’une reprise épidémique de la rougeole existe.

Reste à savoir si les parents avaient cette dose chez eux depuis plusieurs mois (et pourquoi ?) où si elle leur a été délivrée en pharmacie ainsi (ce qui est peu probable mais…., et alors demander un contact direct avec la personne qui leur a délivré.

La question du jour : vaccin HPV et purpura rhumatoïde

Une fille de 11 ans a déclaré un Purpura Rhumatoïde (PR) 72h après la vaccination par Gardasil 9. Elle avait eu une grippe 4 semaines plus tôt. Sa jumelle homozygote, vaccinée également, n’a pas eu de PR.

Y a t-il un lien de causalité entre le Gardasil et le PR ? Doit-on poursuivre la vaccination ?

La réponse Infovac : Le PR est la vascularite la plus fréquente chez l’enfant, avec une incidence de 10-20 cas/100 000 et un pic d’incidence à 70 cas/100 000 dans la tranche d’âge 4-6 ans. L’évolution est favorable avec guérison complète en 4 semaines dans la majorité des cas. 20 à 55% des enfants ont une atteinte rénale mais <1% aboutissent à une insuffisance rénale terminale.

La cause du PR reste inconnue.

Une relation temporelle entre PR et vaccination a été rapportée avec les vaccins contre le méningocoque C, le méningocoque B, le pneumocoque, l’hépatite A, l’hépatite B, la grippe, la rage et les vaccins ROR et BCG, mais la relation de causalité n’est le plus souvent pas établie, notamment pour le méningocoque (Goodman MJ et al Pediatrics 2010). Il n’y a actuellement pas de cas rapporté après vaccination contre les papillomavirus et le délai est ici trop court pour incriminer la réponse immune au vaccin HPV.

Une étude cas-contrôle multicentrique italienne, ayant inclus 288 cas de PR et 617 contrôles (pathologie digestive) durant la période 1999-2013, retrouve une augmentation du risque de PR (OR 3,4 ; 95%CI 1,2-10) dans les 3 mois suivant la vaccination ROR (sans augmentation du risque avec DTCoq ou autres vaccins). Il faut noter que le nombre de cas post-ROR était seulement de 8 dans le groupe PR (et de 6 dans le groupe contrôle) sur cette période de 14 ans. Devant le risque très faible de PR après ROR en valeur absolue, les auteurs ne remettent pas en question le rapport bénéfice/risque de cette vaccination (Da Dalt et al. Italian Journal of Pediatrics 2016 ;42:60).

Le risque de PR après la vaccination contre le méningocoque B avec le vaccin néozélandais OMV spécifique de souche (OMV inclus dans la composition de Bexsero) a été étudié à travers un suivi prospectif actif. Durant la période de surveillance de 16 mois, 534 000 doses vaccinales ont été administrées à des enfants âgés de 6 semaines à 10 ans. Pendant cette période, 39 cas de PR ont été identifiés dont 25 chez des enfants ayant reçu le vaccin méningococcique B. Sur les 25 cas vaccinés, 7 n’avaient pas reçu le schéma complet et n’ont pas fait de rechute lors des doses suivantes. Au total, cette étude n’a pas montré d’augmentation du risque de PR dans les 30 jours suivant la vaccination méningo B (OMV) ni de rechute chez les enfants ayant reçu une ou plusieurs doses après le diagnostic de PR (Sexton K, et al. Arch Dis Child 2009;94:224–226).

Une revue de la littérature publiée en 2016 (Bonetto C, Vaccine) n’établit pas de lien causal entre vascularites (dont purpura rhumatoïde) et vaccinations (6 études rétrospectives/onservationnelles, 2 essais contrôlés randomisés, 7 revues, 11 séries de cas, 46 cas cliniques).

Au final, cette vascularite ne constitue pas une contre-indication vaccinale. Il suffit, comme pour la majorité des maladies à participation immunitaire, de proposer la vaccination à distance de la poussée, mais il n’y a pas d'argument pour interrompre le schéma de vaccination. La survenue d'une nouvelle poussée, que l'on ne peut exclure compte tenu de l'évolution de cette maladie, ne signifiera pas relation de cause à effet. Il est certainement important d'en avertir les parents.

La question du jour : délai entre vaccins BCG et ROR

Doit-on respecter un délai de 4 semaines entre le vaccin BCG et un vaccin ROR ?

La réponse Infovac : Contrairement à ce qui est écrit sur la notice du vaccin (Section 4.5 du RCP "Si la vaccination n’est pas faite en même temps, un minimum de 4 semaines doit normalement être respecté avant l’administration de deux vaccins à germes vivants. Il est préférable de n’effectuer aucune autre vaccination dans le bras utilisé pour la vaccination BCG pendant au moins 3 mois à cause du risque de lymphadénite régionale. »), il n'y a pas de problème à faire le même jour ou avec quelque intervalle que ce soit, le BCG et un autre vaccin, inactivé ou vivant atténué. Il n’y a aucune raison d’attendre 4 semaines avant de faire un autre vaccin.

D’ailleurs, l’avis du HCSP 2017 est clair : « le vaccin BCG peut être co-administré avec tous les vaccins du nourrisson et de l’enfant. Il n’existe aucune nécessité de ménager un délai entre l’administration du BCG et celle de tout autre vaccin. »
Ce n'est qu'entre deux vaccins viraux vivants injectables (par exemple ROR et fièvre Jaune) que l'on respecte, de manière un peu théorique, la règle suivante : soit injections le même jour, soit injections à au moins un mois d’écart (dans l’hypothèse d’une éventuelle interférence de la sécrétion d’IFN secondaire à la première vaccination sur la réplication du 2ème virus vaccinal).
La question est parfois posée à propos du BCG et de la vaccination rotavirus. L'un est un vaccin vivant bactérien qui répond à une immunité de type cellulaire et l'autre est un vaccin vivant viral qui passe par une immunité de type tissulaire locale et humorale. Il n’y a pas de délai à respecter entre ces 2 vaccins.

La question du jour : vaccination et syndrôme de Guillain Barré

Une jeune femme de 25 ans part en Asie dans 2 semaines. A l’âge de 5 ans, elle a eu un syndrôme de Guillain Barré (SGB) après une dose de vaccin hépatite B, et cette vaccination lui a été contre-indiquée par la suite.

Puis-je la vacciner contre l’hépatite A ?

La réponse Infovac : Le SGB survient en priorité après certaines maladies infectieuses comme les infections à campylobacter, à EBV ou encore la grippe. Après grippe naturelle, le risque de faire un SGB est 5-7 fois supérieur à celui observé post-vaccination contre la grippe (dont la fréquence est estimée aux alentours de 1 cas / million de personnes vaccinées : Salmon DA et al. Lancet 2013).

Ce syndrôme a pu être observé de façon très rare après d’autres vaccinations (tétanique, méningococcique tetravalent, rage, varicelle, HPV) sans qu'un lien de causalité ait été clairement démontré.
Les données épidémiologiques n’établissent une relation certaine avec la vaccination que dans une situation : vaccination contre la grippe porcine (swine-flu) utilisée lors d’une menace de pandémie en 1976. Une étude rétrospective, portant sur 415 cas de SGB, ne retrouve pas d’augmentation de risque après vaccination, quel que soit le vaccin (Baxter R et al. Clin Infect Dis 2013).

Etre maintenant à 20 ans de l’épisode ne peut exclure totalement le risque d’un nouvel épisode dans les suites d’une stimulation immunitaire. Une étude néerlandaise publiée en 2008 fait état de 32 patients avec récidive sur des intervalles de temps très larges, en moyenne 7 ans; dans 6% de ces cas publiés une vaccination précédant la poussée a été notée. Le risque de rechute de SGB après vaccination semble faible : sur une cohorte de 550 cas de SGB, aucune rechute (récurrences rares) n’était précédée d’une vaccination (Baxter R et al. Clin Infect Dis 2012). Une autre étude (Haber P. Drug Safety 2009) ne relève pas de risque de récidive de SGB après vaccination. Les auteurs concluent qu'une susceptibilité génétique individuelle concernant les cas de SGB récidivants est probable, mais on n’en connaît pas le substrat à ce jour.

Au vu de tous ces éléments, il faut proposer à cette jeune femme de la vacciner contre l’hépatite A puis de compléter son schéma vaccinal hépatite B.