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La question du jour

J'ai vu une patiente de 40 ans, 1ere grossesse en cours à 32 SA. Elle est italienne et a reçu en Italie une dose de vaccin DTP seul en 2014 (le rappel d'avant,toujours sans coqueluche, date de 2004). Elle me dit avoir eu la coqueluche dans l'enfance. Est-ce qu'elle peut bénéficier d'une dose de DTPCoq pour avoir donc la coqueluche ou est-ce trop tôt pour refaire une vaccination ?

La réponse Infovac : comme vous le savez, la vaccination coqueluche pendant la grossesse (afin de protéger le nouveau né à naitre pendant les première semaines avant qu'il ne soit vacciné) est une méthode qui a fait ses preuves dans les pays où elle a été testée.
Elle n'est pas encore recommandé en france (plutôt en lien avec les réticences liées à la vaccination en général et encore plus chez les femmes enceintes : les recommandations vaccination grippe chez les femmes enceintes son très peu suivies).
Voici les données dont on dispose sur la vaccination coqueluche et qui font que je n'hésiterai pas à la proposer à votre patiente :

La vaccination en deuxième partie de grossesse vise à transmettre les anticorps maternels induits par cette vaccination au nouveau-né pour qu’il soit protégé de manière passive pendant les premiers mois de vie (avant élimination des anticorps d’origine maternelle). Le dosage des Ac maternels, transmis dans le sang de cordon de nouveaux-nés de mère vaccinées à un terme moyen de 27 SA, permet de prédire une protection à l’âge de 2 mois (Vilajeliu A. Vaccine 2015).

Les anglais ont été parmi les premiers (depuis octobre 2012 en raison d’une épidémie responsable de 12 décès chez des petits nourrissons trop jeune pour être vaccinés) à proposer la vaccination des femmes enceintes. Elle est faite initialement à partir de 28 SA puis 20 SA (sur la base d’une étude suisse qu démontrait que le transfert d’anticorps était encore meilleur au 2ème trimestre (berhardt CS Clin Infect Dis 2016; 62:829–36) et 38 SA, avec un vaccin combiné adapté à l’adulte. Ils ont rapidement obtenu une couverture vaccinale supérieure à 60% et les premiers résultats sont encourageants : efficacité vaccinale > 90% en prévention de la coqueluche du NRS < 2 mois quand la mère est vaccinée au moins 7 jours avant la naissance (Amirthalingam G,. Lancet 2014; 6736:1–8. et Dabrera G, Clin Infect Dis 2015; 60:333–7.)

Les données de tolérance sont rassurantes avec absence de majoration du risque de complications obstétricales ou fœtales lors d’une étude observationnelle anglaise chez 18 000 femmes vaccinées pendant la grossesse (Donegan K,. BMJ2014; 349:g4219). Depuis, la vaccination maternelle pendant la grossesse a été introduite dans de nombreux pays : USA, Espagne, Australie, Argentine, Belgique.

L'obligation vaccinale en 2018 : où en est-on ?

Devant l’insuffisance de la couverture vaccinale en France et face à la réapparition d’épidémies, le ministère de la Santé a recommandé, en juillet 2017, d’élargir l’obligation vaccinale à huit vaccins supplémentaires chez les enfants de moins de deux ans (Coqueluche, Haemophilus influenzae b, Hépatite B, Méningocoque C, Pneumocoque, Rougeole, Oreillons, Rubéole).

Ces 8 vaccins, dont bénéficie déjà la grande majorité des enfants, deviendraient donc obligatoires en 2018 chez l’enfant de moins de deux ans, en plus des trois vaccins déjà obligatoires (Diphtérie, Tétanos, Poliomyélite).

Cette décision a été prise suite à la concertation citoyenne dirigée par le Pr Alain Fischer.

Les vaccins recommandés sont tout aussi importants que les vaccins obligatoires, ils sont simplement plus récents.

Ce document a pour objectifs :

  •  Essayer de comprendre les enjeux de cette obligation
  •  Restaurer la confiance auprès des professionnels et des parents
  •  Essayer de décrypter à ce jour les futures modalités d'application de cette nouvelle loi ?

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Actualités Décembre 2017 : Bulletin Infovac

La loi de financement de la sécurité sociale et en son sein, l’obligation vaccinale, a été définitivement adoptée et confirmée par le Conseil Constitutionnel. Les décrets d’application devraient suivre dans les prochaines semaines. Après des années de solitude, l’arrivée du nouvel exécutif et notamment de la Ministre de la Santé, a changé la donne pour les vaccinateurs. Non seulement, les différentes agences de santé sont plus réactives, mais les médias (du Monde à l’Express en passant par le Parisien et BFM…) ont changé de ton et de paradigme, remettant les anti-vaccinaux à la place qu’ils n’auraient jamais dû quitter ! Le Monde du 31 décembre 2017 souligne bien l’importance de la mesure « Comment la France est passée de trois à onze vaccins obligatoires » et les efforts de communication et de coordination que devront réaliser tous les acteurs de santé (dont InfoVac) cette année. Dans cette démarche nous vous conseillons la lecture de plusieurs documents...

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Actualités Octobre 2017 : Bulletin Infovac

L’Assemblée Nationale a voté le 28 octobre à une majorité écrasante (>90% !!!) le texte sur l’obligation vaccinale sans modification substantielle. Si aucune sanction financière ou pénale n’est prévue, l’entrée en collectivité, quel qu’en soit le type (crèche, école, colonies, centres de loisirs, autres collectivités) ne sera pas autorisée pour les enfants nés à partir du 1er Janvier 2018, non à jour des vaccinations relatives à leur âge à partir du 1er Juillet 2018. Aucune exemption ne sera autorisée sans une contre-indication médicale qui soit reconnue dans l’AMM des différents vaccins. InfoVac rappelle que ces contre-indications sont exceptionnelles et parfaitement identifiables :

  •  pour l’ensemble des vaccins : une hypersensibilité sévère à l’un des composants (ce qui en pratique est rarissime chez le petit enfant… et devrait être validé par des tests cutanés)
  •  pour les vaccins contenant la valence coquelucheuse : antécédent, lors d’une administration précédente, d’une encéphalopathie d’étiologie inconnue, survenue dans les 7 jours après vaccination… (l’occasion de rappeler qu’il s’agit d’une inscription historique, la valence coqueluche acellulaire n’augmentant aucunement le risque de complications neurologiques !)
  •  pour le ROR : les déficits immunitaires congénitaux ou acquis (qui ont souvent nécessité des hospitalisations et contre-indiquent parfois la collectivité).

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