La ministre de la santé a annoncé qu’à partir de la troisième semaine de janvier, les libéraux seraient impliqués dans la vaccination contre A/H1N1v. Vu le retard pris dans cette décision, l’échec annoncé de ce programme vaccinal contre A/H1N1v ne pourra, en aucun cas, leur être attribué. De toute façon, il ne suffira pas de fournir aux médecins libéraux des vaccins pour que la couverture vaccinale monte en flèche : il faudra les convaincre pour qu’ils puissent être convaincants pour leurs patients. La question essentielle étant : « faut-il encore se faire vacciner ? ». La réponse à cette question est moins aisée qu’avant le premier pic épidémique. Plusieurs arguments plaident pour la poursuite de la vaccination : - la vague épidémique automno-hivernale n'est pas terminée, même si la baisse d'incidence est rapide. Il y aura peut-être une, voire plusieurs autres vagues car le nombre de sujets actuellement potentiellement immunisés contre AH1N1v ne représenteraient qu’un quart à un tiers de la population. En effet, 10 à 15 millions de patients semblent avoir été déjà contaminés et environ 5 millions de sujets ont été vaccinés. Il resterait donc environ 3/4 à 2/3 de la population réceptive pour ce virus. Les études de séroprévalence qui se sont mises en place risquent d’apporter des résultats biaisés du fait des réactions croisées mises en évidence entre l’immunité contre les virus saisonniers H1N1 et le virus pandémique ; - la tolérance des vaccins contre AH1N1v est maintenant bien établie. Plusieurs dizaines de millions de doses ont été administrées sans aucun signal de pharmacovigilance significatif ; - Il n’y a pas de risque identifié à vacciner les sujets déjà immunisés ; - Enfin, la durée de protection des vaccins grippaux, en l’absence de mutation touchant les déterminants antigéniques (ce qui ne s‘est pas encore produit) dure plusieurs années ; Les arguments contre la poursuite de la vaccination sont : - jusqu'à présent, les prévisions épidémiologiques avec ce virus ne se sont rarement révélées exactes… - la survenue d’une deuxième vague épidémique est loin d’être certaine (il n’y a en pas eu dans l’hémisphère sud) de même que son intensité. | La grippe est imprévisible et personne ne sait si de nouvelles vagues épidémiques vont survenir ni leur intensité. Par contre, nous savons que la vaccination est le meilleur moyen de prévenir la maladie et ses complications. | Ce qui apparaît essentiel aux experts InfoVac c’est de continuer à vacciner les populations à risque (femmes enceintes, pathologies chroniques, jeunes enfants) non encore vaccinées et tous ceux qui le souhaitent, après les avoir informés des incertitudes persistantes. Les modalités de passage de la vaccination à la médecine libérale ne sont pas encore parfaitement connues, mais certains points se dégagent. Les praticiens devront aller chercher les doses dans le centre de vaccination le plus proche, remplir les bons de vaccination et les rapporter (correctement remplis) pour avoir des nouvelles doses. Soit le vaccin est pratiqué au décours d'une consultation programmé, soit au cours de séances de vaccination organisé au cabinet. Les vaccins utilisés conditionnent largement les schémas vaccinaux à utiliser (cliquez ici). |